Parisien depuis bientôt 23 ans, j’ai toujours pensé que le métro était une sorte de transposition souterraine de ce qui se passait en surface. L’utilisation du réseau ne peut, en aucun cas, être réduite à la vision rigide d’un simple mode de déplacement : aller d’un point A à un point B. Au contraire, cette activité prend une dimension beaucoup plus humaine lorsque l’on prend le temps de profiter des douceurs et plaisirs d’un relaxant trajet de métro…
Bon. En pratique la vérité est ailleurs. Pas besoin de vivre plus de 20 ans à Paris pour se rendre compte que le métro aux heures de pointe, ça craint. Pas la peine non plus d’être un spécialiste du transport en commun pour constater à quel point la ligne 13 est vraiment pourrie.
La RATP a donc décidé de ne pas baisser les bras et a mis en place, depuis quelques semaines, une opération de sensibilisation à travers une campagne comportementale. Décliné par le biais d’autocollants placardés sur les vitres des wagons, des infos bulles nous invitent à bien nous comporter : « 1 seconde perdue en station = du retard sur toute la ligne », « retenir les portes c’est retenir le train », « les portes s’ouvrent je laisse descendre ».

S’il m’en était donné le droit, j’ajouterais volontiers d’autre petits messages comme : « Lève toi quand y a du monde, tu vois pas que tu gênes ! », « Prends pas toute la place sur la banquette mon gros. » ou encore « T’es le seul à aimer cette musique, alors baisse le son ! ».
Ces avertissements de savoir vivre auront-ils un réel impact sur les usagers ? Les parisiens seront-ils à la hauteur des attentes de la RATP ? Nous verrons bien.
Ayant séjourné un certain temps au Japon, je ne peux pas m’empêcher de comparer le métro parisien avec le métro tokyoite, où, un système d’autocollants similaire a vu le jour l’été dernier. Jugez plutôt :




Là encore je ne sais pas si l’opération aura un effet sur les tokyoites (cette campagne est à mon avis, plutôt destinée aux étrangers.)
A noter que malgré la propreté irréprochable de l’espace souterrain, son gigantesque réseau, la ponctualité impressionnante des trains, les règles de bonne conduite et le savoir vivre exemplaire des japonais, le problème d’engorgement du trafic n’a toujours pas été résolu.
C’est bien au Japon que l’expression « heure de pointe » prend tout son sens.
Ahhh les pousseurs. Un beau métier…
