Assez parlé de baskets, on vous avez promis de la culture, donc en voici et de la street culture bien entendu. La semaine dernière avec l’ami Polo je me suis rendue au vernissage de la nouvelle exposition au grand palais : T.A.G (pour Tag And Graf). On a vraiment passé un très bon moment que j’ai eu envie de vous faire partager, et c’est donc pour ça que vous devez lire ce billet jusqu’à la fin. si, si. Vous verrez ça vaut le coup.

Cette collection est très controversée, faisant presque scandale dans les petits et grands papiers de l’Art. D’une part parce qu’il est évident que le graf – cet art de vandal pratiqué en lousdé – est loin d’être reconnu en tant qu’Art auprès de tout le monde, et d’autre part car pour certains exposer le graf c’est le détourner de son sens premier. Le graf c’est avant tout l’art de la rue et non pas celui des musées, acte de revendication identitaire il n’a jamais été destiné à des fins commerciales. Dans les deux cas, pour beaucoup il n’a pas du tout sa place sur une toile et encore moins dans un musée.
Oui puisqu’il s’agit de toiles, et pour être exacte de 300 toiles de 60 x 180 cm, 150 artistes internationaux qui ont tous grafé sur le même principe : une première toile avec leur blaze (signature) et une seconde sur le thème de l’amour, qu’ils ont interprété chacun à leur manière.



Le tout exposé dans une pièce magistrale de 700 m² laissé dans le même état que depuis la dernière fois qu’elle a été ouverte : avant la guerre. Des murs à nus, rappelant l’origine du graf, un fond noir pour faire ressortir les couleurs flashy des toiles, en bruit de fond l’ambiance intime des bombes aérosoles. Un public qui ne sait plus où donner de la tête, les toiles s’enchaînent formant de gigantesque murs multicolores, toutes imprégnées d’une personnalité, d’une âme à fleur de bombe. Les contrastes sont forts, le message en est d’autant plus puissant.
“L’architecte est le premier artiste de la rue mais il n’est plus le seul. A coté de ses constructions, dont il doit signer les murs pour la postérité, fleurissent désormais les nouveaux supports d’un art inscrit de manière sauvage et condamné à disparaître. J’ai souhaité réparer cette injustice en offrant, par une simple toile, un support durable à ces jeunes artistes. Le premier rencontré, signait « amour » sur les murs et les trottoirs et l’écrivit sur ceux de ma maison et de mon nouvel atelier. Cela devint le thème choisi pour le premier tableau à y réaliser et le même finalement retenu pour les peintres suivants.”
“En commandant des œuvres aux plus grands artistes-graffeurs, Alain- Dominique Gallizia a constitué et continue de réunir le plus important témoignage peint de cet art jusque là éphémère.”
Je sélectionnerai les 5 commentaires les plus pertinents parmi ceux laissés avant dimanche 5 avril. Bonne chance à tous, j’ai hâte de lire votre opinion ! Si toutefois vous ne gagnez pas et que je vous ai suffisamment donné envie de vivre cette expérience, voici le site qu’il faut visiter pour accéder à toutes les infos très utiles.




Jennifer, curieuse, attachante, enjouée.
Victor, beau, grand et fort. Mais aussi créatif web dans agence de comm'. Blog sans texte sur 
J’y suis allé, et je confirme cette expo est génial;)
J’ai déjà twitté une réponse, donc je ne vais pas redire la même chose.
Mais puisqu’on est dans un article parlant de Graff, autant en faire un ici, histoire de faire une mise en abîme :
“SPRY’09 REPREZENT B&M”
…
Ouais, je sais, c’est pathétique.
Les graffiti existaient déjà sous l’empire Romain. Sauvages et spontanés, c’est la traduction un malaise, d’une crise, d’un désarroi, d’un mécontentement. Les Graffiti du Palais Tokyo semblent contemporains, ils ont les formes de ceux qui se sont développés dans les milieux urbains défavorisés dans la dernière partie du XXeme siècle.
Au final, ces monstres de graffitis sont les plus rares et ce que l’on voit le plus aujourd’hui sont des sortes de signatures primaires, en désordres et immondes qui recouvrent les murs un peu partout. Ces taggueurs signant des murs de leurs empreintes comme des chiens pissant sur un arbre pour marquer leurs territoires. C’est en quelque sorte la déliquescence de ce Street Art qu’est le Graffiti et c’est pour cela que maintenant les beaux, les vrais, les plus accomplis se retrouvent aux musées.
Ben dis donc… Si avec ça, on ne te donne pas de places, je veux bien te les payer…
D’accord Spry.
@Jennifer : ne me donne surtout pas les places.
Parce qu’il suffit juste de voir ce que fait Banksy pour réaliser que les tags peuvent être des oeuvres d’art qui font réfléchir :
http://media.photobucket.com/image/banksy/RoscoePkoChan/banksy.jpg
http://img.timeinc.net/time/daily/2007/0710/sweep_banksy_1031.jpg
(entre autres, voir aussi son site qui présente tous ces dessins:http://www.banksy.co.uk/)
J’aimerais bien me téléporter, là tout de suite, pour aller visiter cette expo. Le Grand Palais est un bien bel écrin pour ces œuvres d’art, n’en déplaise à certains.
Je devrais forcément gagner 2 places: je n’y connais rien en tag et graffiti, et ça me permettrait d’apprendre et de découvrir. CA c’est pertinent non? \o/
J’avoue que la controverse autour de cette exposition me fait sourire. Mais c’est très bien, elle contribuera à attirer du monde
Elle ressemble à celle à propos de l’expo de Koons à Versailles qui est un franc succès. Je souhaite donc à cette expo le même.
Y a t’il des oeuvres de Basquiat exposées ?
@+, b@
Moi j’aurais bien joué, mais impossible de trouver l’inspiration sur le tag. Ça a jamais été trop mon truc et puis à Saint Denis, on est servi. J’aurais quand même été curieux d’y aller, mais ça va être juste puisque je rentre en France seulement quelques jours avant la fin de l’expo. Mais pourquoi pas si c’est jouable.
Venant d’un quartier populaire de Paris (le XXème précisément), les graffitis font partis intégrante de ma vie. Que ce soit sur le chemin de l’école primaire, sur la ligne de métro pour sortir le weekend (lignes 2,3 ou 11) ou encore plus loin du côté de la PC (Petite Ceinture), nos rues en sont inondées.
S’est développé autour de cet Art un intérêt croissant, voire démesuré. Ne parlons pas encore de commerce, mais reconnaissons que souvent, les Tags ou Graffitis servent une cause très différente de leur raison première d’exister. Ainsi le Canal Saint-Martin, connu entre autre pour les campements de Don Quichotte, se voit recevoir le prix spécial de l’essor (BOBO) des Paper Tag, qui font fureur. On y trouve absolument de tout. Pas loin de la salle du Glaz’Art est construit un mur qui depuis des années accueille diverses créations du Street Art.
L’art urbain se développe si vite (et si bien) que bientôt se tient une exposition incroyable à la Maison des Metallos où sont exposées 400 bombes customisées par 400 artistes internationaux. Quelques uns célèbres mais tous artistes de rue. J’y amène mon copain qui pour Noël m’offrira un ouvrage remplis de stickers représentant divers graphs, tags, blazs (http://www.stylefile.fr/sticker-bomb-livre-fid-16865.html). Il vient s’ajouter à Carnet de Rue (par JR, artiste français qui a notamment “refait” les murs de l’Hôtel de Ville) que j’ai déniché à 1e à la FNAC ou encore Paris Street Art.
Désormais, je me ballade systématiquement un appareil photo à la main et photographie ces détails insolites de la vie quotidienne qui bien souvent font sourire. Près de chez moi, un Chuck Norris contemplatif. Et depuis peu, j’approche différemment tout cela, en descendant sous terre. Dans les catacombes de Paris où les F.C. (célèbres Frotte, Connard) se comptent par centaines.
L’art urbain est une Révolution.
(Un de mes préférés: http://i145.photobucket.com/albums/r223/Petite_Fraize/TAG/DSC01029.jpg)
un peu en retard pour jouer et laisser mon petit commentaire perso, je pense que la rue, les murs, le coté interdit de la chose… constituent le concept du “tag”. Après, je veux bien voir l’expo, pour avoir un autre avis de la chose, car je considère tout de même que les tags et graf sont devenus de l’art… Bref, comme vous l’aurez compris: “JE VEUX BIEN DES PLACES”!!!!! lol
C’est comme exposer le plafond de la chapelle sextine dans un musée et se demander si c’est pareil… Néanmoins je pense que l’exposition doit être magnifique, mais le mouvement, le concept lié au phénomène tag ne seront pas présents. Le tag est apparu dans la rue .Il y prend toute sa force. L’exposition ne restera qu’une copie.
Saya
Un peu tard, mais tant pis, j’ai envie de donner mon opinion sur le graff.
Déjà à la base je dissocie le Tag et le Graff. Le Tag, en plus d’être illicite, est souvent laid et sans intérêt si ce n’est laisser une trace ou marquer un territoire à la va-vite comme l’explique Jesuisunblog.
Pour le Graff, c’est différent, surtout quand il est bien réalisé. Fin des années 80, il aidait déjà a redonné des couleurs en bas de ces ignobles ensembles dans lesquels on enfermait des familles. Couleurs flashy, effets glossy et “bling bling” sur les lettrages, les graffeurs affirmaient leur créativité en utilisant la ville comme une feuille canson géante. C’était aussi des témoignages de la vie de quartier. Les plus remarquables étaient souvent des hommages aux disparus…
Pour trouver de vraies galeries d’art à ciel ouvert, il fallait aller dans des endroits abandonnées, genre zones industrielles ou usines désinfectées, là on se retrouvait devant des fresques impressionnantes avec des effets en trompe-oeil saisissants. Le graffiti a ainsi passionné une bonne partie de mon adolescence et pourtant je ne me suis jamais retrouvé face à un mur avec une bombe…allez savoir pourquoi..
Aujourd’hui, je le trouve trop consensuel… Depuis les années 90 les mairies ont lancé une vraie guerre contre les graffeurs en repeignant les murs peints et en les arrêtant systématiquement. En retournant à Strasbourg, les seuls graff que je vois dans la ville sont des graff réalisés avec l’accord de la mairie et par le biais d’association de quartiers. Ils ont ainsi réussi à enlever tout côté revendicatif des graff…
Mais c’est peut-être en les chassant des rues que les graffs se sont fait une place (au soleil ?) dans les musées…
Allez hop hop hop voilà la liste des 5 gagnants : jesuisunblog pour son discours digne de wikipédia, Sharky pour son audace, MTD pour son éloge passionnée, Dyloo et Torzka parce qu’ils le valent bien !
J’attends vos adresses postales par mail à jen.littlegirl at gmail.com thanks
Pour les autres je suis désolée, mais c’est le jeu ( ma pauv’ Lucette) et l’expo est abordable (5 euros et 3 euros pour les étudiants) courez-y !
Et voilà, j’arrive trop tard ! tant pis… Je savais que j’aurais pas du mettre les pieds sur ce blog
C’est pas faute de t’avoir prévenue, tu ne peux t’en prendre qu’à toi même
Ouf… J’aurais pas à payer sa place à Jesuisunblog…
Oui je t’ai épargné ça, surtout que t’aurais probablement dû l’accompagner, et que tu t’aurais dit que je connais des gens très bizarres
[...] où j’ai eu l’occasion de voir du street-art dans un musée c’était pour l’expo T.A.G dont je vous ai déjà parlé. Ici, cela n’a rien à voir, l’exposition va plus loin, [...]