C’est indéniable, je suis profondément amoureuse du web, dans le sens où tout ce que mes activités numériques m’ont permis et apporté est quelque chose qui me fascine et qui je pense m’a fortement enrichie, tant par les connaissances et les compétences que j’ai pu acquérir, véritable témoin d’un enrichissement culturel mais aussi et surtout social. A mon sens ce qui est le plus intéressant dans ces interactions numériques via les blogs et les réseaux sociaux est fondamentalement ce qu’elles incluent comme changement dans la vie réelle, au quotidien.

L’identité numérique une identité choisie

Aujourd’hui parmi mes amis les plus proches et mes contacts professionnels les plus importants je compte des personnes rencontrées via des blogs et des réseaux sociaux. Ils font partie de ma vie, ils m’ont connu via mon identité numérique. L’identité numérique retransmet qui l’on est sur internet, et donc intrinsèquement qui l’on est réellement. Sur Wikipedia on peut d’ailleurs lire “l’identité numérique est un lien technologique entre une entité réelle et une entité virtuelle”.

Rappelons tout de même que l’identité numérique est une identité choisie et contrôlée, je décide quelle photo je veux publier, quelle part de mon “moi” je veux bien partager. On ne peut donc pas se fier uniquement à l’identité numérique pour juger une personne, sur ce qu’elle est dans sa totalité, mais seulement sur une partie de ce qu’elle représente. Et c’est là qu’il faut bien faire attention, car sur la toile on peut difficilement séparer les sphères sociales. Au détour d’un clic, d’un lien, ou d’une phrase innocemment laissé sur Facebook nous mélangeons les inconnus, les connaissances, les amis, la famille, les contacts professionnels… Alors que dans la vie réelle nous n’utilisons pas le même registre de langage, nous nous habillons différemment suivant qui nous devons voir, et surtout nous nous dévoilons de manières très différentes suivant qui est la personne en face de nous. Ce qui peut laisser penser que le web permet de faire tomber des barrières. Par exemple, on tutoie beaucoup plus facilement sur la toile, on se dévoile avec plus d’aisance et de confiance guidé par l’idée de partage que le 2.0 impose. En somme on devient plus accessible. L’idée que l’on puisse nous connaître mieux et plus vite émerge, souvent en oubliant d’être nuancée.

Séduit et fasciné par le pouvoir du partage

L’identité numérique est donc un reflet choisi de notre identité réelle, une identité qui peut être plus ou moins importante suivant les activités que nous y développons. Une identité qui peut aujourd’hui avoir une importance capitale pour bon nombre d’acteurs du web. La présence web devient depuis quelques années et de façon profondément croissante indispensable pour se faire connaître, véritable vitrine personnelle et professionnelle. Viadeo, LinkedIn, Ziki, Facebook, des dizaines de réseaux sociaux permettent d’agrandir son carnet d’adresse en présentant succinctement qui l’on est, en regroupant nos différents profils web, en mettant à disposition un CV et/ou le lien d’un site ou d’un blog mettant en avant certaines compétences.

Le web collaboratif : entre bonheur et malheur

Après avoir subit la dévastation de mon identité numérique de blogueuse / étudiante en communication numérique par divers procédés : hackage de mes blogs et réseaux sociaux, logiciel espion retransmettant ce que je tapais sur mon clavier par e-mail, destruction de matériel informatique, transfert de mails, usurpation d’identité, suppression de contacts, gestion et contrôle total de toutes mes activités sur la toile, gestion de réputation… et bien entendu une certaine destruction psychologique et nerveuse inévitable; je ne peux que recommander la prudence et la mise en place d’un code de conduite, s’il en existe un plus fiable que la méfiance. Si s’exposer en ligne permet de bénéficier d’avantages conséquents, la réciprocité se vérifie. Disparaître d’internet du jour au lendemain n’a pas été sans conséquences dans mes études et ma recherche de contrat de professionnalisation.

Dans mon secteur ne plus avoir de réputation numérique ou en avoir une tronquée peut être considéré comme ne plus rien avoir à dire ou à prouver, ou encore comme un désintérêt total pour les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Dans tous les cas c’est totalement décrédibilisant, et l’on comprend pourquoi en lisant ces chiffres : ” 77% des recruteurs effectuent des recherches en ligne sur les candidats, 7% de toutes les requêtes effectuées sur les moteurs de recherche se font sur le nom d’une personne.” Et ces chiffres ne font qu’augmenter de jour en jour… “Avoir une réputation numérique, c’est être transparent, c’est montrer votre capacité à partager l’information, à exprimer des idées ou des opinions, à utiliser les technologies de l’information qui sont aujourd’hui au cœur de la performance des organisations, et votre sens du risque ou votre esprit d’initiative.

Prise de conscience et précautions

En mettant à disposition notre carnet d’adresse, nos messages privés, nos photos personnelles, notre emploi du temps quasiment en instantané, on ne doit pas omettre que la toile peut être un excellent moyen de surveillance et de contrôle de l’autre. Si l’on ne met pas notre téléphone portable dans les mains de n’importe qui, on doit faire encore plus attention à son ordinateur. Je ne dis absolument pas que la vie numérique est plus dangereuse que la vie réelle, je dis juste qu’il faut penser les deux au même niveau. Ne pas sous estimer l’impacte de ce que nous publions et surtout ne pas accorder une confiance sans limite à la sécurité informatique, séduit et fasciné par le pouvoir du partage. On ne peut pas garantir la bonne foie de celui qui lira ce que nous partageons.

De la volonté de vouloir agrandir son réseau de connaissances personnelles ou professionnelles à la violation de la vie numérique privée il n’y a souvent qu’un mot de passe ! On peut très facilement détruire l’identité de quelqu’un en le faisant disparaître de son réseau, en le décrédibilisant auprès de ce cercle. Ce que vous construisez peut être détruit, modifié, mal interprété. Il ne faut pas s’imaginer que parce que c’est en ligne, c’est acquis pour toujours. Ce n’est pas parce que vos photos sont sur Flickr que vous ne devez pas en garder une copie sur votre disque dur… Le principe du donnant-donnant nous met en confiance et nous fait souvent oublier que le web collaboratif est un moyen parmi d’autres pour quelqu’un qui vous veut du mal, de vous en faire…

Pour ma part j’ai comprit la leçon, et si mon blog, mon twitter et mon flickr ont disparus de vos flux je vous invite à rajouter ceux de baskets et mini-jupe qui prend vie aujourd’hui et je l’espère pour un bon bout de temps !

Ravie de vous retrouver, à très vite !

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